jeudi 24 juillet 2014

Pour une véritable politique culturelle de gauche






La colère qui résonne à Avignon depuis le début du Festival dépasse largement les enjeux de l'intermittence. Si la mobilisation des artistes concentre toutes les déceptions et les attentes d'une profession, elle met au cœur du débat public une question qui appelle des réponses urgentes : quelle place pour la culture dans la France de 2014 ?
Après deux années de mandat, François Hollande n'a toujours pas fait de la culture une ambition pour la France. Comment expliquer que la promesse de " sanctuariser " les crédits d'Etat ait conduit à un effritement du budget du ministère de la culture ? Pourquoi ne pas avoir développé un ambitieux plan pour l'éducation artistique et culturelle à la faveur de la réforme des rythmes scolaires ? Pourquoi mettre en péril la capacité d'intervention des collectivités territoriales, qui ont permis un dynamisme de la vie culturelle, en réduisant leurs moyens et en proposant de supprimer cette " clause de compétence générale " qui leur permet d'agir au-delà de leurs compétences obligatoires ? Pourquoi les initiatives législatives envisagées pour la création artistique, le numérique ou le patrimoine sont-elles aussi peu ambitieuses et systématiquement reportées ? Pourquoi attendre qu'il y ait un conflit social pour ouvrir une concertation qui prenne en compte les propositions que les professionnels de la culture portent depuis plus de dix ans, et réfléchir à la place des artistes dans notre société ?

samedi 21 juin 2014

Reforme de l'intermittence : ce qui ne va toujours pas.


Réforme de l'intermittence : ce qui ne va toujours pas

 

par Fanélie Carrey-Conte, députée de Paris, membre du comité de suivi de la réforme de l’intermittence.

Frédéric Hocquard, conseiller de Paris

 

Le 27 mars, quelques jours après la signature de l’accord UNEDIC, nous signions une tribune intitulée « : L’accord du 22 mars sur l'assurance chômage : une occasion manquée pour l’intermittence ». Depuis, la mobilisation n’a cessé de croître chez les intermittents, faisant éclater au grand jour le malaise légitime de professionnels garants du dynamisme culturel de notre pays.

 

Jeudi 19 juin, le député Jean-Patrick Gille a rendu son rapport, suite à la mission qui lui a été confiée par le Premier Ministre.  Il y dresse un constat juste et lucide d’une situation très tendue, et trace des chemins possibles pour sortir de la crise. Il préconise un décalage de la mise en œuvre des dispositions de la convention de l’UNEDIC concernant les annexes 8 et 10. Et il recommande entre temps l’ouverture de discussions tripartites mettant autour de la table État, gestionnaires de l'UNEDIC, et acteurs culturels, pour travailler à la concrétisation de propositions de réforme durable du régime, propositions dont certaines, notamment celles formulées par le comité de suivi de la réforme de l'intermittence, sont depuis longtemps connues et versées au débat public. Il souligne enfin l’importance de la sanctuarisation des crédits de l’État en faveur de la culture.

 

mardi 10 juin 2014

Conflit des intermittents : nomination d'un médiateur.


Le gouvernement vient de nommer Jean-Patrick Gille comme médiateur dans le cadre du conflit des intermittents. A la différence de la parisienne libérée (http://blogs.mediapart.fr/blog/la-parisienne-liberee/080614/mission-intermittents), je le connais bien. Et je sais qu’il connait bien le sujet de l’emploi artistique pour avoir piloté un rapport d’information parlementaire remarqué en 2013. Il a toujours défendu le régime de l'intermittence et rappelons que c’est à l’occasion des auditions de ce rapport qu’Aurélie Filipetti et Michel Sapin avaient conjointement rappelés leur attachement au régime de l’Intermittence. 
S'il veut réussir, il devra répondre à deux attentes fortes.

samedi 10 mai 2014

Le PS demande à ce que l'accord de l'Unedic se soit pas agréé.


Après Martine Aubry, c’est au tour de Jean-Christophe Cambadelis d’écrire au ministre du travail pour lui demander de ne pas agréer le mauvais accord de l’Unedic du 22 mars dernier. C’est là une excellente nouvelle.

Cela fait en effet un certain temps que je milite, avec d’autres, pour une reforme de gauche du régime des intermittents du spectacle et, notamment, un retour à la "date anniversaire" (507 heures en 12 mois). Avec Fanélie Carrey-Conte, la députée de Paris, nous avions d’ailleurs fait paraitre une tribune sur le sujet dès le 27 mars (voir sur ce blog).

Ce combat est essentiel. On ne peut pas d’un côté célébrer les artistes et l’exceptionnel dynamisme de la culture en France et de l’autre renforcer la précarité des conditions de travail de ceux qui la fabriquent.  Rappelons que c’est d’abord le Medef qui cherche par tous les moyens à supprimer ce régime. Après avoir mené pendant des mois une campagne par voie de presse sur le thème : « les intermittents nous coutent 1 milliards », le syndicat patronal, voyant qu’il ne pourrait pas obtenir la suppression de annexes VIII et X, a voulu y aggraver la précarité. Mais l’objectif reste le même : obtenir, un jour la suppression de ces annexes. La bataille sur ce sujet est donc loin d’être terminée.

Enfin il faut reconnaitre que ce n’est pas tous les jours que le premier secrétaire du Parti socialiste prend la plume pour critiquer et interpeller le gouvernement sur le contenu de la politique qu’il mène… Pourvu que ça dure !