Les conclusions de la mission conduite par Pierre
Lescure constituent des pistes de travail intéressantes. D’abord, parce qu’il a
d’emblée placé sa réflexion au service de l’exception culturelle, dont les
actuelles négociations sur l'accord de libre-échange entre l'Union européenne
et les Etats-Unis montrent bien la fragilité. C’est bien la défense de la
diversité culturelle qui est réaffirmée dans ses principes, à travers les
nouveaux moyens à mettre en œuvre à l’ère numérique. Les propositions de ce
rapport riche et dense sont fondées sur une approche extrêmement réaliste des
pratiques. Loin de l’angélisme de la pédagogie et de la logique stigmatisante
de la répression, cette lucidité donne aux propositions une force inédite sur
ce sujet.
La mission Lescure a essayé le périlleux exercice
d’équilibre proposant de (ré)concilier les droits des créateurs et les droits
des publics, sans pour autant tomber dans l’écueil de l’immobilisme.
L’équilibre est ici dynamique, car le rapport pose un cadre suffisamment souple
pour être évolutif et s’adapter aux mutations technologiques, et donc
réglementaires, à venir. En couvrant l’ensemble des champs du secteur culturel
concernés par la transition numérique, il embrasse intelligemment la diversité
des enjeux relatifs aux nouvelles formes de transmission, d’échange et de
création que sont aussi l’éducation artistique, culturelle et aux médias, le
soutien à la numérisation, les nouvelles formes de création numérique, ou
encore la gestion des droits.